Protéger les enfants du web n’est pas superflu. Commentaires, réseaux sociaux, chaînes pour enfants : les prédateurs sont partout. Vous auriez plus de chances de retrouver votre enfant en bonne santé si vous le laissiez dehors tout seul. Au moins dehors, il a une chance qu’un témoin bienveillant s’interpose.
Parents, vous devez le savoir. En tant que professionnels du web, on le voit. Impossible de rapporter les horreurs du darkweb. Croyez-nous sur parole, c’est préférable.
J’ai donc choisi d’en approfondir 3 : les plus urgents, selon moi.

- La réalité vue à travers l’influence, les filtres Snap et TikTok, rend la vraie vie… fade. Place à une dysmorphie générationnelle. Exemple : Culture Flex et chirurgie esthétique chez les jeunes.
- Pédocriminalité : l’importance de ne pas publier de photos de mineurs.
- Des addictions fabriquées par les réseaux sociaux et les entreprises de gaming pour gagner de l’argent (l’exemple Fornite conclura ce premier article)

Dérives de l’influence : les enfants du web en danger sur les réseaux sociaux #1
Ce n’est pas nouveau. Les plus grandes entreprises ont bâti leur fortune dessus. Mac Donald a commencé avec un leitmotiv « investir sur les enfants ». Les marques d’alcool font de même. Tous ont remarqué que plus le consommateur arrive jeune, plus il restera. Il emmènera ses enfants à leur tour et, bien souvent, n’en partira plus jamais.
Les enfants de 5 ans sont généralement capables d’identifier une publicité quand elle passe à la télévision. Ce n’est pas le cas sur les réseaux sociaux. Même les adultes, parfois, ne réalisent pas qu’il y a un placement de produit.
Enfants influenceurs, majeurs influvoleurs : apprendre aux mineurs à utiliser le web en sécurité
Les chaînes familiales explosent (Swan et Néo ont été les précurseurs).
Les influenceuses mettent en avant leur plastique de rêve, mais superficielle, leur train de vie luxueux,
Que dire des influenceurs qui arborent des billets par milliers, des montres de luxe et des bolides, devant une propriété à Dubaï…
Certes, ils font rêver nos jeunes. Ces derniers pensent que c’est la réalité et commencent à complexer. Pire, ils imaginent que vendre l’eau de leur bain est un plan de carrière. L’impact des plateformes comme Only fans complète un tableau déjà bien sombre. Comment, dès lors, faire accepter un SMIC à nos chérubins ?
Instagram : plan de carrière rêvé ou danger pour les enfants ?
Pour la petite histoire, ma fille a appris l’existence de Maëva Ghennam à l’âge de 8 ans. Elle m’a demandé « Maman, et toi, t’as combien de millions de followers ? ».
400, pas millions ma chérie. 400. Je ne suis que rédactrice, je ne fais pas de scandales, je ne joue pas de mon image…
J’étais au bout de ma vie.
Vous n’êtes pas ma fille, vous n’avez pas 8 ans. Je vais rester modérée, et vous orienter pour faire vos propres recherches.
N’affichez aucune photo de mineurs en ligne : même anodines, elles finissent sur le darkweb. Ce n’est pas être alarmiste : protégez les moments privés de vos enfants, ne partagez leurs photos qu’aux personnes les plus proches, en MP ou SMS. On en est là. Un triste état des lieux, mais c’est la seule manière d’endiguer ce tsunami de contenus atroces, et les protéger.
Enfants du web et arnaques : comprendre l’influence pour mieux les informer
La loi dite Influence a vu le jour en 2023. Elle interdit désormais la promotion de chirurgies et de produits financiers, type copytrading et bourse. Nous ne cessions d’alerter sur les influenceuses qui vendaient via leurs profils, des opérations de chirurgie esthétique. Ce n’est pas la seule explication.
Saviez-vous par exemple, que 71,3% des procédures non invasives pratiquées dans le monde concernent les injections de botox et d’acide hyaluronique. 50% de ces injections sont pratiquées sur des femmes de 35 à 50 ans. Sans surprise, le marché ne s’est jamais si bien porté : 21,7 milliards d’euros en 2024.
Ce sont des histoires d’argent, que j’explique aux adolescents dans leur partie dédiée.
La réalité est là : les médecins dignes de ce nom refusent les mineures. La pratique est recommandée par tous les magazines à partir de 30 ans, mais certains ajoutent « il n’est jamais trop tôt pour commencer ». Les jeunes vont donc chez leur influenceuse préférée : « elle est moins chère ». Les soeurs Botox comptaient parmi les plus présentes sur Instagram : l’appel de 2024 confirme leur condamnation de 2023. 26 plaintes… Pourtant bien en dessous des 600 victimes estimées. Toutes venaient des réseaux sociaux.
L’envers du décor : éduquer les adolescents à l’usage des réseaux sociaux
Les nécroses, les déconvenues et parfois, les suicides, s’accumulent. D’où la promulgation de la loi.
Qu’est-ce que c’est une nécrose ? Parents d’adolescentes… Rendez-vous sur cette page d’étudiants en médecine, une image vaut mille mots.
Je mentionnais le suicide d’un jeune, revenu de Turquie avec une greffe capillaire désastreuse… devant un collègue, qui prétendait justement, que c’était une super idée. Je refuse de promouvoir ça, et rappelle l’histoire de Mathieu, 24 ans, suicidé en septembre 2024. Le collègue répond « c’était le crash test ». Que dire…
La beauté Instagram est rentable pour les influenceurs… qui se moquent des conséquences
On peut vivre des réseaux, s’éclater même ! Mais pour profiter de son argent, il faut être en bonne santé physique ou mentale. CQFD.
Les jeunes pensent que leur influenceuse préférée utilise la crème qu’elle met en avant… bien souvent, elle provient de chez Shein ou Temu, Ali Express. Les influenceuses reçoivent un chèque, pour le mettre en avant sur leurs réseaux sociaux. Elles remplissent le pot de sa propre crème avant le tournage, ou alors elle nettoie sa peau sitôt la caméra coupée.
Premier danger des réseaux sociaux : le mimétisme
Mettre ces produits toxiques si jeunes, et pire, les mélanger (les routines beauté), constitue un risque pour la peau, et apporte des hormones nocives (perturbateurs endocriniens). Les allergies ne se comptent plus, chez des jeunes filles de moins de 11 ans. Ce sont des modes, des business. De même, on constate des « addictions cutanées » : quand l’enfant arrête les routines beauté, sa peau est altérée.
Un autre redoutable système est à l’origine de dégâts financiers importants. L’influenceur perçoit une commission pour les gains générés grâce à lui, par son audience. Il « flex », à Dubaï.
L’argent n’est pas généré par le business qu’il vend, mais par les personnes crédules qui achètent le produit.

Enfants du web : exposés aux pires prédateurs… sans quitter leur chambre #2
J’introduis ce triste paragraphe par une anecdote, qui a fait grand bruit chez les masculinistes 2.0. Ces derniers épinglaient une femme, présente sur OnlyFans. Lilly Phillips, 23 ans. Elle avait remporté le challenge… De « rencontrer » 100 hommes en une journée. Le caméraman n’y croyait pas, il a filmé sceptique.
La toile s’est déchaînée. Pas pour les bonnes raisons.
En effet, le reportage original en anglais, la montre en état de stress post traumatique total. Le caméraman a failli vomir en entrant dans la chambre, un airbnb loué pour l’occasion… par les parents de la jeune. Qui sont aussi, les producteurs.
Quels parents acceptent, tolèrent, pire… sont capables d’organiser ça ?!
Les prédateurs ne sont pas toujours derrière l’écran, ils sont bien souvent dans les familles et l’entourage proche. Allez plus loin dans vos recherches : la joie de faire le buzz ou les likes ne valent pas cela.
L’omniprésence des prédocriminels en ligne : attentions aux mineurs sur les réseaux sociaux
J’évoquais Poupette Kenza, star montante des réseaux sociaux, dans le top 3 des influenceurs Snapchat… jusqu’à son arrestation, pour « tentative d’extorsion » et autres délits. Son concept était simple : filmer chaque détail de sa vie de famille. Son fils se fracture le crâne ? Ses « poupettes » sont sollicitées. Elle a des symptômes intimes bizarres ? Elle prend une photo, ça part sur snap… À tel point que sa fille aînée a longtemps occupé le top tendance des sales recherches sur le darkweb.
Pour info :
- 85 millions de contenus pédocriminels réperetoriés en ligne, soit +6 000% en 10 ans,
- 1 enfant sur 3 victime d’inceste en France, en 2025.
Les chiffres sont certainement inférieurs à la réalité, car chaque année, on note 550 000 enregistrements de condamnations liées à une atteinte sexuelles. Enfin, les tribunaux français n’ont condamné que 1 800 viols en 2023. Ici aussi, les données sont probablement revues à la baisse.

Le procès du chirurgien de Jonzac, Joël Le Scouarnec, met en évidence à lui seul, 299 victimes pour lesquelles les faits ne sont pas prescrits. Aucune ne se souvenait des faits. C’est le témoignage d’une petite fille de 6 ans, sa voisine, qui a stoppé 30 ans d’impunité. Les faits sont jugés en 2025.
Les nouvelles formes d’exploitations sexuelles sont spécifiques à notre époque. Elles se déroulent entre adolescents, via les réseaux. Un nombre incalculable de jeunes, filles ou garçons, sont retrouvés à l’autre bout de la France, loin de leur domicile. Ils ont rencontré leur agresseur, parfois mineur ou jeune majeur, sur internet.
Des sites et des applications toxiques… conçus pour hameçonner les enfants
Certains sont évidents, comme le site coco.gg. 20 ans de combat pour le faire fermer… C’est le point de départ de l’affaire Mazan, les agresseurs se retrouvaient sur ce site. Le principe du tchat est simple : entrée gratuite, aucune vérification, anonyme, rencontrez les personnes proches de vous. Le site était basé à l’étranger. J’avais fait un article et des captures d’écran à cette époque.
Dangers des réseaux sociaux, enfants du web : la réalité dépasse la pire des fictions
Le site a été fermé en juin 2024. 6 autres petits sites similaires ont vu le jour, instantanément. Tous interconnectés à travers plusieurs pays qui ne collaborent pas. Une lutte sans fin, que l’IA n’arrange pas. Les prédateurs ont, par ailleurs, une bonne connaissance des méthodes policières. Ils sont mobiles et adaptent leurs méthodes aux évolutions légales. Vous n’avez pas loupé l’affaire « des bébés de Montreuil »… C’est probablement une commande du darkweb. Il y a 3 ans, ils diffusaient déjà des guides pour agresser des bébés sans laisser de traces visibles.
D’autres espaces paraissent plus sécurisés, comme YouTube Kids. Détrompez-vous.
YouTube Kids : le leurre qui fait penser aux parents que leurs enfants sont en sécurité
Partout où il y a des enfants, il y a des prédateurs. Comprenez bien ça !
Vous connaissez forcément Roblox et Minecraft ? Minecraft, le jeu de construction 2.0, ses énormes pixels et son design immonde.
Des vidéos de joueurs se multipliaient sur YouTube kids. Sachez qu’en tant que créateur de contenus YouTube, VOUS décidez si votre contenu est adapté aux mineurs. Une case à cocher. Donc, si le créateur de contenus a de mauvaises intentions, on retrouve de sales techniques.

La première a été de créer plein de chaînes destinées aux enfants sur YouTube Kids. Des jeux Roblox et Minecraft, avec différentes fausses voix, mais toujours le même stratagème. Les enfants souscrivent ainsi un abonnement, 2 ou 3€ pour soutenir leur créateur de contenu. Ils ont ainsi le droit à un contact privilégié, les accès Premium avec son groupe Discord.
Le grooming, cette méthode qui ouvre la porte aux rencontres et détruit les enfants du web
Les enfants sont « groomés » à partir de là. Le grooming est un terme anglais, qui désigne la période antérieure à l’agression. La « séduction » du mineur, pour qu’il accepte la suite.
La plupart des photos présentes sur le darkweb viennent de Facebook. N’exposez pas vos enfants… Le bain, la piscine, la danse, c’est privé. Si la compétition est réussie, on fait une belle photo, ça suffit. Et au pire, on la diffuse en privé, aux proches. Jamais en profils publics !
Prenez vos photos sur Pixabay : c’est gratuit, libre de droit, qualitatif. N’exposez pas vos enfants.
Addiction à Fortnite et marketing : ces jeux conçus pour rendre addicts ! #3
Avec plus de 350 millions de joueurs dans le monde, Fortnite n’est plus un simple jeu. Il est devenu un phénomène culturel… mais surtout marketing… Des parents québécois ont saisi la justice. Le concepteur du jeu, Epic Games a été accusé d’avoir conçu un jeu délibérément addictif. En effet, des études ont été menées, des travaux en neuropsychologie ont contribué à rendre le jeu tel qu’il est.
Mineurs et réseaux sociaux : pourquoi tant d’ados décrochent de la réalité ?
Fortnite propose une immersion permanente : mises à jour fréquentes, événements exclusifs avec des célébrités comme Aya Nakamura ou The Kid Laroi, et surtout, une mécanique qui pousse à rester connecté. Le jeu s’adresse à des jeunes, des adolescents. Rappelez-vous de qui vous étiez au collège. Quitter, c’est perdre. Abandonner ses coéquipiers. Rater une récompense… Impossible à cet âge, un véritable dilemme en somme.
En réalité, ce jeu active les circuits de la récompense immédiate : XP, niveaux, objets rares achetables avec de l’argent réel. C’est un cercle vicieux qui se rapproche du réflexe de Pavlov, où chaque victoire ou loot agit comme une friandise numérique. Le cerveau en redemande. Dopamine, adrénaline, sérotonine… Ce cocktail d’hormones libéré par les parties de Fortnite agit comme un shoot émotionnel. E

Pourquoi les algorithmes et les jeux comme Fornite représentent un danger pour les enfants du web ?
Ce n’est pas tant la violence (colorée et édulcorée) que le design du jeu. Ce dernier est pensé pour maximiser le temps de jeu, souvent au détriment de la santé mentale, du sommeil, de la scolarité… voire de l’hygiène. Des études récentes montrent que 69 % des joueurs dépensent de l’argent réel, souvent à l’insu des parents.
Inciter un internaute à se sentir bien sur un site est une expertise, qui appartient à la catégorie « marketing digital ». On appelle ça le UX design.
En bref, l’addiction aux jeux vidéo est-elle une vraie maladie ?
La cyber addiction est une maladie reconnue par l’OMS depuis 2018. Une addiction à Fortnite ou aux réseaux sociaux reproduit le schéma d’addiction des drogues et des jeux d’argent. Le DSM-5* parle désormais de « perte de contrôle entraînant des dommages à plusieurs niveaux de fonctionnement ». Certains ados mangent devant l’écran, dorment moins, deviennent agressifs… et reprennent une partie au beau milieu de la nuit.
*DMS5 = manuel officiel qui regroupe les maladies reconnues
Alors, Epic Games est-il coupable ? Ce qui est certain, c’est que Célia Hodent, ancienne UX designer du jeu, a reconnu avoir appliqué les principes de la psychologie cognitive pour optimiser l’engagement.
Comme Fortnite, les réseaux sociaux mettent en place des milliers de stratégies pour vous retenir, capturer votre attention, accroître votre engagement et in fine, vous faire dépenser de l’argent.
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